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01Finance quantitative

Optimiser un portefeuille, puis vérifier ce que la courbe promet

Un backtest supérieur au CAC 40 ne suffit pas : coûts, stabilité, sensibilité et incertitude changent la décision.

Cadre de l’étude

Organisation reconstituée. Cours publics gelés ; calculs et résultats réellement exécutés et reproductibles.

Données publiques gelées

Plan de lecture

Du problème à la décision

  1. 01

    Comprendre le mandat

    Douze actions françaises, un indice de comparaison et une décision mensuelle.

  2. 02

    Rejouer l’approche initiale

    Aucune donnée future et des coûts ajoutés à chaque mouvement.

  3. 03

    Construire une règle plus stable

    Poids plafonnés, régularisation et pénalité de rotation.

  4. 04

    Décider avec l’incertitude

    Comparer les métriques, les scénarios et l’intervalle de rendement actif.

01

Avant de commencer

Le problème

Une organisation reconstituée envisage un portefeuille de douze grandes actions françaises, sans vente à découvert, et souhaite le comparer au CAC 40.

Le problème n’est pas de trouver rétrospectivement la plus belle courbe. Il faut décider si une règle d’allocation aurait pu être utilisée, mois après mois, avec les seules informations alors disponibles.

Une optimisation de portefeuille choisit la part de capital attribuée à chaque action. Elle ne prédit pas directement le prochain prix : elle cherche un compromis entre rendement estimé, risque, concentration et coût des changements de position.

02

Phase 1

Ce que l’organisation a construit

Nous commençons par comprendre le système tel qu’il est présenté, sans le caricaturer et sans encore proposer de correction.

Le mandat confié au modèle

L’organisation reconstituée veut répartir un capital entre douze grandes actions françaises, sans vente à découvert. Le CAC 40 sert de point de comparaison : il ne s’agit pas de le reproduire, mais de vérifier si le modèle apporte quelque chose après prise en compte du risque.

Chaque mois, le prototype regarde les 252 dernières séances — environ une année boursière — puis estime le rendement moyen de chaque action et la manière dont leurs variations se déplacent ensemble.

Pourquoi le premier résultat paraît convaincant

Le modèle peut placer jusqu’à 35 % du capital sur une seule action. Cette liberté permet d’exploiter fortement les estimations les plus favorables et produit une courbe séduisante.

Mais la présentation initiale ne facture ni les achats et ventes répétés, ni les concentrations sectorielles. Une petite erreur d’estimation peut donc provoquer un changement massif de portefeuille au mois suivant.

Résumé de l’approche initiale

  • Moyennes et covariance calculées sur les 252 dernières séances.
  • Plafond de 35 % par ligne, sans contrôle sectoriel.
  • Coûts et rotation absents de la présentation initiale.

03

Phase 2

Ce que l’évaluation vérifie et propose

La deuxième phase reproduit le mécanisme, localise ce qui casse et transforme la critique en modification testable.

Rejouer sans connaître le futur

Le test avance chronologiquement. À chaque date, les poids sont calculés uniquement avec le passé, appliqués au mois suivant, puis chargés de 12 points de base par unité de capital échangée. Cette procédure est appelée test chemin faisant.

Les 92 décisions mensuelles obtenues forment une expérience hors échantillon : le modèle ne peut pas revenir en arrière pour choisir les paramètres qui auraient arrangé un mois difficile.

Stabiliser avant de chercher la performance

La règle corrigée réduit l’influence des estimations extrêmes, plafonne chaque action à 20 %, limite chaque secteur à 40 % et pénalise les changements inutiles. Autrement dit, elle accepte de renoncer à une partie du rendement théorique pour obtenir un comportement plus exploitable.

Enfin, 4 000 rééchantillonnages par blocs testent la fragilité du rendement supplémentaire face au CAC 40. L’intervalle obtenu traverse zéro : le modèle peut avoir fait mieux, mais les données ne permettent pas d’affirmer que cet avantage est établi.

Évaluation

  • Les 92 décisions mensuelles sont rejouées dans l’ordre, sans information future, avec un coût de 12 points de base par unité de capital échangée.
  • Le modèle robuste atteint 10,15 % annualisé contre 8,30 % pour le CAC 40, avec 17,08 % de volatilité.
  • Mais le rééchantillonnage par blocs donne un intervalle à 95 % de −3,70 % à +6,80 % pour l’écart de rendement face à l’indice : cet intervalle traverse zéro.

Correction proposée

  • Ramener les estimations extrêmes de rendement et de dépendance vers des valeurs plus prudentes.
  • Limiter chaque position à 20 % et chaque secteur à 40 %.
  • Pénaliser les changements de portefeuille et ignorer les petits ajustements.
  • Tester 25 combinaisons de coût et de force de stabilisation.

04

Notions et équations

Aucun symbole sans définition

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05

Résultats chiffrés

Ce que les nombres mesurent réellement

Les métriques suivantes doivent être lues ensemble : rendement, risque, profondeur des pertes et stabilité ne racontent pas la même chose.

10.15%

rendement annualisé robuste

Croissance annuelle composée de l’approche corrigée.

17.08%

volatilité annualisée

Amplitude annualisée des fluctuations quotidiennes.

0.65

ratio de Sharpe, taux 0

Rendement obtenu par unité de fluctuation totale.

[−3.70; +6.80]%

intervalle à 95 % du rendement actif

L’intervalle contient zéro : l’avantage n’est pas établi.

Tableau comparatif de performance

Période hors échantillon : 28 décembre 2018 au 31 juillet 2026, soit 1 944 séances. Rendements calculés sur des prix hors dividendes ; taux sans risque fixé à zéro. Le CAGR désigne ici le rendement annualisé composé défini dans le glossaire.

MétriqueApproche initiale nette de coûtsApproche robuste nette de coûtsCAC 40 prixLecture
Rendement total104,75 %110,74 %85,05 %Croissance sur toute la période, sans annualisation.
CAGR9,73 %10,15 %8,30 %Rythme annuel composé reliant la valeur initiale à la valeur finale.
Volatilité annualisée20,59 %17,08 %18,72 %Amplitude habituelle des fluctuations ; plus faible ne signifie pas absence de pertes.
Ratio de Sharpe0,5550,6520,520Rendement rapporté à l’ensemble des fluctuations, taux sans risque nul.
Ratio de Sortino0,7570,8960,716Rendement rapporté uniquement aux fluctuations négatives.
Perte maximale depuis un sommet−30,56 %−31,31 %−38,56 %Pire baisse entre un sommet et le creux suivant.
Ratio de Calmar0,3190,3240,215CAGR divisé par la valeur absolue de la perte maximale.
Rotation annuelle, sens unique324,07 %33,94 %N/DPart cumulée du portefeuille échangée sur une année ; la correction réduit fortement les mouvements.

06 · Voir les preuves

Lire les graphiques pas à pas

Chaque figure indique d’abord comment lire ses axes et ses couleurs, puis ce qu’elle permet — ou non — de conclure.

07 · Protocole d’analyse

Comment l’analyse a été conduite

Protocole d’analyse

  • Douze actions françaises et indice CAC 40 hors dividendes, du 2 janvier 2018 au 31 juillet 2026.
  • Fenêtre de 252 séances et rééquilibrage mensuel testé chronologiquement.
  • Coût unidirectionnel : 12 points de base.
  • Rééchantillonnage circulaire : 4 000 simulations par blocs de 21 séances.

Limites à ne pas oublier

  • L’univers fixe a été choisi après la période : les sociétés disparues ou sorties de l’indice ne sont pas réintroduites.
  • Cours de clôture et indice hors dividendes.
  • Yahoo Finance n’est pas une source conçue pour simuler une exécution réelle.
  • Fiscalité, impact de marché et risque opérationnel absents.

08 · Sources & provenance

D’où viennent les faits

09 · Décision

NO-GO

NO-GO en production — la surperformance face au CAC 40 n’est pas établie.

  1. 1

    La règle corrigée est plus stable et échange beaucoup moins, ce qui constitue une amélioration opérationnelle mesurable.

  2. 2

    Elle termine devant le CAC 40 prix sur cette période, mais l’intervalle de rendement actif à 95 % contient zéro. La surperformance n’est donc pas établie.

  3. 3

    La prochaine preuve utile n’est pas un nouveau réglage rétrospectif : c’est un portefeuille fantôme, un univers historique sans biais de survivance et un indice avec dividendes.

Étape suivante : Pas de production. Exiger six mois de portefeuille fantôme, un univers historique composé des titres réellement disponibles à chaque date et un indice de comparaison incluant les dividendes.